Tous deux brillamment qualifiés en Ligue des Champions et leaders de leurs championnats, et si le Paris Saint-Germain et le FC Barcelone s’étaient donnés rendez-vous le 31 mai prochain à Munich, en finale de la Ligue des Champions ?
Après une semaine éprouvante mais réussie pour ces deux clubs, de nombreuses choses semblent rapprocher le PSG du Barça, à commencer par leur amour du jeu et de l’offensive. Une philosophie dont ont fait les frais l’Olympique de Marseille et l’Atletico Madrid le week-end dernier, permettant d’imposer encore un peu plus leur suprématie du jeu sur leurs championnats nationaux.
De la maîtrise et du caractère
Pour le Paris Saint-Germain il faut revenir sur cette double confrontation face à Liverpool pour observer l’une des plus grandes qualités de cette équipe depuis l’arrivée de Luis Enrique: la gestion émotionnelle. Les Parisiens ont su faire preuve à nouveau d’une force de caractère incroyable pour essuyer la déception du match aller, résister à la pression incroyable des Reds à Anfield et maîtriser tactiquement la rencontre, notamment dans la prolongation.
Une concentration optimale qui leur permet après 26 journées de Championnat d’être encore invaincus en Ligue 1 malgré l’enchaînement de matchs tous les trois jours. Et les Parisiens en ont encore fait la démonstration face à l’Olympique de Marseille lors du Classique. Quelques jours seulement après ce succès historique à Anfield au bout de 120 minutes épuisantes, les coéquipiers d’Ousmane Dembélé, bien que logiquement incapables de fournir à nouveau l’intensité de ces dernières semaines, ont fait preuve de maîtrise et de gestion pour s’imposer 3 buts à 1, punissant l’OM sur chaque accélérations. Et Nuno Mendes pourra regretter son (nouveau) petit manque de lucidité, qui offre aux Marseillais leur seul but sur un plateau.
Pourtant, il faut mettre en avant le match réalisé par les hommes de De Zerbi, qui ont su mettre en place un pressing très haut et très agressif pour venir embêter les premières relances adverses et se créer quelques bonnes situations. Un contenu qui a semble-t-il rassuré le coach olympien après les dernières prestations très pauvres. “J’ai l’impression qu’il y a eu des situations, vu de mon banc, surtout celle de Dedic. Le but de Gouiri nous a ensuite relancé, mais ce but contre notre camp a été fatal.” A déclaré De Zerbi, avant d’appuyer sur la grande supériorité sportive du PSG, “qui est sûrement l’équipe la plus forte d’Europe en ce moment” même quand elle est en mode “service minimum” après une telle semaine.
Pour le FC Barcelone, ça n’est pas en Ligue des Champions qu’ils ont fait la plus belle démonstration de leur caractère. Face à Benfica ils ont surtout montré leur grande supériorité sportive, avec des joueurs extraordinaires que sont Raphinha, Yamal ou Pedri.

Le vrai tour de force des Catalans, c’était face à l’Atletico Madrid, en Liga dimanche dernier. Menés 2 buts à 0 à la 70e minute au Metropolitano, c’est la foudre qui s’est finalement abattue sur les Colchoneros. Par l’intermédiaire de Lewandowski, pourtant transparent depuis le début de la rencontre, du crack Yamal et du manifestement supersub Ferran Torres. L’intensité qu’ont été capables d’imposer les Catalans dans les dernières minutes est asphyxiante mais elle est surtout sublimée par des individualités de très haut niveau. Ce Barça-là ne lâche rien, voire même atteint son plein potentiel quand il est dos au mur, comme ce fut le cas face à Benfica dans la phase Ligue en Ligue des Champions. “Après avoir encaissé deux buts, nous avons fait preuve d’un excellent mental. Nous nous sommes battus et nous nous sommes créés des occasions incroyables. Je suis très heureux pour l’équipe, le club et les supporters.” s’est ainsi exprimé Hansi Flick après le match. Cette équipe donne la sensation de pouvoir toujours hausser le curseur d’un cran pour faire face aux situations les plus difficiles. Invaincus depuis le début d’année 2025, le FC Barcelone est sans aucun doute possible la plus belle équipe de cette Liga et l’un des collectifs les plus forts d’Europe aux côtés du PSG.
Une domination totale

Outre le fait d’être leaders sur le sol national, le Barca et le PSG dominent outrageusement respectivement la Liga et la Ligue 1 d’un point de vue statistique. Que ce soit en termes de possession, d’occasions créées, d’xG, de passes progressives, de possessions progressives et j’en passe. Cette domination concerne un panel très large de secteurs, qui montre encore la qualité du travail réalisé par les coachs et le caractère complet de chacune des deux formations. Cependant, si on profite de la scène européenne pour comparer les deux équipes entre elles, le PSG, malgré son calendrier extrêmement compliqué en phase Ligue, est un cran au-dessus. Et deux secteurs sortent du lot. Le premier, c’est la formidable capacité des Parisiens à éliminer leurs adversaires balle au pied. Avec 28.5 dribbles tentés par match personne ne fait mieux en LDC et l’écart est même assez important. Le Barça est 3e en la matière (22.3). Et chose assez importante, le PSG ne se contente pas de multiplier les tentatives de dribbles, c’est aussi l’équipe qui en réussit le plus, preuve de l’efficacité en la matière.
Le deuxième secteur intéressant c’est au niveau défensif. Car bien qu’ultra productif sur le front de l’attaque, le PSG ne concède que très peu d’occasions. Avec 0.86 xG concédés en moyenne par matchs, aucune équipe ne fait mieux jusque-là en Ligue des Champions, même pas l’Inter et ses 2 buts encaissés seulement depuis le début de la compétition…
Rendez-vous en finale ?
Présents chacun sur une partie du tableau, si le Paris Saint-Germain et le FC Barcelone se rencontrent en Ligue des Champions ce sera forcément en finale. Une affiche de rêve pour les deux plus belles équipes de la saison encore en lice et un match avec à nouveau une saveur très particulière pour Luis Enrique, qui a avoué la saison dernière être passé par énormément d’émotions au moment d’affronter son ancien club : “c’était horrible la double confrontation contre le FC Barcelone. Il y avait beaucoup d’émotions. […] Revenir à la maison contre le club qui m’a le plus donné en tant que joueur et entraîneur, c’était une sensation horrible pour moi, mais aussi horrible pour mes enfants et ma femme. J’espère ne pas rejouer contre eux.” déclarait-il avant le tirage au sort des huitièmes de finale cette saison.
Mais l’histoire en a peut-être décidé autrement avec un parcours que même les plus grands réalisateurs n’auraient pas voulu imaginer.
Même si tout reste à faire et qu’il faudra avant tout penser à se qualifier face à Aston Villa en quarts de finale, je ne peux m’empêcher de rêver d’une qualification lors des demis finales, face au Real Madrid de Mbappé, battu au Parc des Princes lors du match retour. Une manière de boucler la boucle avec Kyky avant d’aller chercher le sacre en finale face au Barça, qui a fait tellement mal au PSG par le passé…
Mais attention, car si en tant que passionnés de football on peut rêver de tels scénarios, Luis Enrique et ses hommes devront garder les pieds sur terres pour espérer toucher du doigt une éventuelle finale.